Alban Lefranc


Steve Jobs | 2020

Mise en scène Robert Cantarella
Avec Nicolas Maury, Cécile Fišera
Scénographie Alix Boillot
Lumières Philippe Gladieux
Costumes Constance de Corbière
Assistant Julien Lacroix

Le 5 mars 2020 : Création au Manège à Maubeuge
Les 17, 18 et 19 mars 2020 : Comédie de Caen,
Les 24 et 25 mars 2020, La Vignette scène conventionnée /Université Paul Valéry Montpellier 3,
Les 15 et 16 avril : Espace André Malraux à Chambéry
Les 29 et 30 avril : Le Cratère à Alès

NOTES D’INTENTION
Un bonimenteur californien connu meurt et le monde entier est en deuil. On comprend le monde entier. Mieux qu’une lotion capillaire ou la pilule du bonheur, l’entrepreneur vendait des surfaces merveilleuses pour rester chez soi avec le monde au bout des doigts. C’était un puritain sans joie, un buveur d’eau, amateur de régimes stricts et de cilice mental, mais il avait une grande faim de révolution et le génie de sa faim. Il avait des colères fracassantes, des crises de larmes et un cancer du pancréas. Ses machines célibataires peuplent le monde mais il craint d’avoir raté sa sortie.

Il revient mourir et nous haranguer.

Steve Jobs avec sa baraque foraine mondiale est notre matière première. Il sera le représentant, la figure de proue de notre monde, de l’idée que notre époque se fait d’elle même. Le rêve d’un temps débarrassé de la pesanteur solide, du rebut, du défaut, de la zone indéterminée, du pauvre, où chacun serait libre de créé à sa guise son environnement. La scène n’est pas un environnement, et le plateau de théâtre n’est pas un parc à thème. Alors il fallait la puissance sans équivalent de l’art du théâtre pour faire le point joyeusement et avec insolence sur : De quoi Steve jobs est-il le symptôme ?

Alban Lefranc vient de la page encore silencieuse, de la littérature, et depuis peu il a découvert la force de déflagration de la voix haute, du théâtre. Il est encore sans plis ou habitudes, il invente un théâtre qu’il faut traiter à la scène, il faut même inventer une scène de jeu pour sa langue nouvelle. Comme avec Thomas Bernhard qu’il admire, il s’agit de glisser de la langue à la parole avec des acteurs artistes par excellence.

Nicolas Maury est un acteur qui sait jouer avec le peuple de voix créé à l’occasion par Alban Lefranc. C’est un acteur plasticien de son jeu, devenant Steve Jobs dans touts les états de sa construction et de sa décomposition.

Le théâtre est le laboratoire des langages et des comportements disait mon professeur Antoine Vitez, à cette occasion nous passerons par la scène pour prendre et donner plaisir à cet établi.
Robert Cantarella

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   © Claude Chastagner