La série

Un film de Liliane Giraudon | 2026

Je connais l’œuvre de Liliane Giraudon en découvrant une revue à Marseille Banana split. Ce paquet de feuilles photocopiées et sans normalisation de présentation ouvrait des champs d’inspiration pour nous, étudiants, en mal de zones libres à investir. Les livres de Liliane sont devenus pour moi des formes de vie dans la mesure où elle se permet de ne pas tenir à une catégorie. Elle écrit officiellement de la poésie, elle-même se nomme poétesse, et par jeu poétasse. Grognasse des langues, elle a pris une place unique, en dehors de toutes assignations ou école ou mouvement. Elle est un mouvement à elle seule. Car si la revue me l’a fait connaître, c’était l’arbre qui cachait une forêt de livres, de revues, de fanzines, de dessins, de cartes postales, de griffonnages qu’elle propose à flux continu.
Il n’existe pas de film sur et avec elle. Étant de plus en plus proche, de plus en plus lecteur, j’ai imaginé des situations, des mises à l’épreuve, des dialogues, des explorations comme autant de publications filmées de ses divagations. L’idée d’une série prend forme au fur et à mesure que je côtoie ses univers. Impossible de tout rassembler sans trouver un rituel avec elle. Un jour elle me parle de ses matins, de ses ritournelles matinales, une ascèse pour sa création. Je pense à un bréviaire, puis à Saint Simon qu’elle lit avec gourmandise.

Sept épisodes de 25 minutes. Chacun commence par le lever de Liliane Giraudon. Sa mise à la table dans sa cuisine de son attirail de dessins, de cahiers, de cartons. Puis les travaux et les jours commencent. En une semaine se suivent les activités, les rencontres, les émotions, les affres de sa création, le tissu de sa vie.