Philippe Minyana
Lolette et Paco vont en paquebot | 1985
Mise en scène Robert Cantarella
Avec Carlos Wittig, Florence Giorgetti
Forme brève d’une demi-heure parfois aussi appelé Titanic (non publiée).
Philippe Minyana
Où vas-tu Jérémie ? | 1988
Mise en scène Robert Cantarella
Où vas-tu Jérémie ? Son yoyage sur la planète Terre le conduit de Paris au désert. Les personnages acteurs, comme des marionnettes, parlent, puis disparaissent ou meurent. Les fils de leurs existences tissent le réseau du vécu de notre siècle finissant.
Le théâtre reste un lieu où on peut surprendre la mélodie des êtres. Cet accord momentané de la durée de la représentation, de la traduction, de la trahison, peut résonner de multiples manières. L’art du théâtre serait d’atteindre « à chaque fois » une harmonie temporairement acceptée comme étant une vision d’une communauté (ou d’un seul de ses membres). En faisant l’éloge des corps et des voix…
Philippe Minyana institue l’écart entre la parole et l’acte, il commence à chaque écriture, la logique éloge de la scène…
Entre le désordre et l’ordre…
Le désordre peut jeter des feux de clarté sur une harmonie de la grâce inversée.
L’ambition de Jérémy est mesurable : il s’agit de rejoindre le désert et ainsi de parcourir un fragment du monde et de rencontrer des « gens », des « autres ».
En allant à la rencontre des étrangers il va se dégager de ce qui le faisait ressembler aux autres et par là même découvrir son étranger en lui, en fait se nettoyer par l’épreuve du désert, du rien.
Le monde se déroule comme une fresque et Jérémy remonte le courant créé par ces silhouettes à peine sorties du mur et pourtant si violentées, à tel point qu’elles sortent et jaillissent parfois de leur danse sage et rectiligne pour éructer et proférer un destin qui est le leur et qui leur arrache un aveu terrible, celui de leur existence, de leur place d’où ils disent. Jérémy remonte et chante à la barre du terrain, il est lui aussi la figure parmi les figures, il est celui qui va vers le désert, vers le lieu où il rejoindra le vent et se dégagera de ses humeurs de terrien. Voilà, il s’arrête et nous parle, les autres aussi nous parlent, Minyana aime les gens qui viennent et vous parlent.
Robert Cantarella
Philippe Minyana
Les petits aquariums | 1989
Création au Centre dramatique de Calais
Mise en scène Robert Cantarella
Assistant Emmanuel Hamon
Décor Nadine Lahlou
Son Roland Vincent
Eclairages Marc Oliviero
Régie Sylvain Perrot
Avec Robert Cantarella, Florence Giorgetti, Judith Magre, Jean-Jacques Scheffer, Jacques Verzier et Daniel Marchaudon
Trois parties dans ce spectacle :
– Le sang ou le salon hanté d’une famille brindezingue
– Le deuil ou la vengeance du singe
– Le temps ou Greta et Nicole
De façon chaotique et provisoire se peindra le désarroi de ces gens culbutés, charriés vers cette imbécilité qui donne des ailes.
Philippe Minyana aime raconter des relations exacerbées, des tranches de vie mises à vif, des faits divers cruels et saignants. Des vies ordinaires qui traversent le cadre familial et s’y accrochent.
Robert Gantarella aime aussi ces instantanés d’existence qui oscillent entre outrance et rancoeur.
Les Petits Aquariums, défini par Philippe Minyana comme une Mfable grotesque et épique », est un assemblage de pièces inédites, d’extraits empruntés à son dernier texte Où vas·tu Jérémie? et de nouvelles écrites spécialement pour ces acteurs- là.
Philippe Minyana
Les guerriers | 1991
Création à la Comédie de Reims
Mise en scène Robert Cantarella
Scénographie Nordine Lahlou
Costumes A. Cavalca
Lumières Jean-François Touchard
Avec Jany Gastaldi, Christophe Huysman, M. Regiani, Aladin Reibel
Ces guerriers sont quatre : Taupin, Wolf, Noël et Constance. Ils en reviennent tout juste de la guerre (celle que l’on voudra) avec des morceaux en moins (une main, une paire de couilles et des trompes de Fallope manquent à l’appel). Ils en reviennent comme des revenants mi-surpris, mi-rigolards. Marionnettes, masques et récits marathon. Il leur faut tout dire de cette réalité rêvée, d’au-delà des mots, cette obscénité, la guerre. Les trois soldats découvrent qu’ils ont en commun d’avoir aimé Constance à tour de rôle, sous la mitraille. Et c’est toute la vie qui leur pète à nouveau à la figure.
« Le théâtre peut traiter d’un sujet en le détournant : en traçant le détour de la figure, ici, les guerriers. […] Chacun doit raconter sa guerre, ce qu’il en a vu et qui le change à jamais. Ils émergent et se tuent par amour, alors que la guerre les avait épargnés. […] La langue de Philippe Minyana fait courir les matières puis les transforme, les enchante. Comme toujours dans son théâtre on déballe tout, on explique tout et on se retire toujours plein. De la guerre et du théâtre, qui est l’inventeur de l’autre ? Voici quelques termes communs : avant-garde, relève, champ, rencontre, jour J, troupe, répétition, costumes, masques. Théâtre des opérations ou opération de théâtre.»
Robert Cantarella
Philippe Minyana
Murder | 1993
Mise en scène Robert Cantarella
Lumières Jean-François Touchard
Création costumes Marie Favasuli
Philippe Minyana
Drames Brefs 1 | 1995
Création au Théâtre Le Sorano (Toulouse)
Direction artistique Robert Cantarella, Philippe Minyana, Catherine Bernad
Lumières Georges Corsia
Son et vidéo Hubert Marty
Avec Jean-Paul Dias, Dylan Jones, Frédéric Klain, Valérie Régis, Emmanuel Texeraud.
“ Voix dans les larmes, sanglots brefs; se tordre de rire, être au bord du rire; être en apnée, respirer bruyamment, se jeter au sol, se plier en deux, faire des grimaces, grogner, couiner ouvrir des fenêtres, fermer des persiennes, agoniser, culpabiliser, ressasser, attendre, tuer. Dans les chambres, une fois encore, est expié l’inouï forfait d’être en vie.
Drames brefs 1, Drames brefs 2 et La Maison des morts appartiennent à une même période d’écriture qui vise la légende par le biais de la stylisation. Je ne garde en effet que ce qui est essentiel au drame. Pour reprendre le vocabulaire cinématographique, je dirai que je cadre serré, en gros plan. »
Philippe Minyana
Philippe Minyana
Anne-Laure et les fantômes | 1999
Texte Philippe Minyana
Assistant à la mise en scène / réalisation Judith Depaule
Avec Florence Giorgetti, Xavier Legasa, Pascal Sausy, Hélène Force, Philippe Vieux, Christophe Carré, Valérie Joly, Wahid Lamandra, Brigitte Mazères, Fred Costa, Régine Rossy, Camille Mathis, Sarah Pearce
Scénographie / Décor Philippe Quesne
Chef opérateur / Image Robert Cantarella
Création sonore Cyril Chable
Musique originale Les trois 8, Fred Costa, Alexandre Meyer, Frédéric Minière
Il y a chez Anne-Laure une déception qui l’empêche de faire le point, l’appoint sur son désir. De prendre la mesure de son désir. Elle est hors de toute orientation, hors de ce repos. L’enfant, le sien, au visage de papier est son astre. La mort de son enfant, son désastre.
La pièce suit cette ligne de partage. Autant grâce à la construction de la fable et des actions qui s’y organisent, que pour la langue elle-même, soumise à une impossible organisation centrale, à un tremblé récurrent, à un bégaiement. On pleure à répétition. On jouit en hoquetant. On dit “ je t’aime” jusqu’à y croire.
Trois minutes avant Anne-Laure from Robert Cantarella on Vimeo.
Vidéo
Philippe Minyana
Pièce | 2001
Mise en scène Robert Cantarella
Dramaturgie Marie-Pia Bureau
Assistante à la mise en scène Isabelle Angotti
Scénographie Philippe Quesne
Assistant à la scénographie Cyrille Gomez-Mathieu
Stagiaire à la scénographie Laure Angotti
Concept masques Dominique Colladant
Assistante masques, maquillages Yumi Endo
Régie générale Christophe Bernard
Lumières Victor Dos Santos et Philippe Quesne
Avec Nasser Gheraieb, Catherine Gourdon, Christiane Gufflet, Sylvie Hériot, Johanna Korthals Altes, Pierre Laneyrie, Emilien Tessier, Philippe Vieux
et un chœur d’amateurs Joëlle Douhaire, Gérard François, Sylvie Lefebvre, Mireille Sainte-Marie, Pierre Wavresky
Pièces est la mise en écriture d’un chemin de croix : lieu indéterminé, appartement, rue de village, salon de province, terrain en attente de construction, bureau d’un élu politique.
Tac, le héros, est un grand échassier aux yeux écarquillés, il voit trop. Paupières coupées, œil vu. Il révèle, dans chacune de ses stations, les tares et les effondrements de notre temps. Il frappe aux portes et montre sa figure de sainteté. Il repart sans écho, sans réponse non plus. Ceux qu’on nomme les proches sont d’autres éloignés et les inconnus de passage s’enfoncent dans la terre avant lui.
Philippe Minyana fait une tresse entre les faits-divers (l’actualité reprise à son compte) et la mythologie telle qu’elle se constitue avec nous dedans (les vivants de son époque). C’est cela qui fait la stupeur de sa langue au théâtre, la mise en œuvre de notre destin pris dans la perspective des temps, alors que notre nez est collé dessus. Par exemple : les habitants sont les porte-parole de la rumeur, de la conscience en général, une figure ancienne revue et corrigée. Ce petit peuple est sans dieu, il en profite pour piller, voler le pauvre Tac et s’excuser ensuite. Rien de plus normal, de terriblement normal, de joyeux presque, tellement le travers est face à nous, comme dans la pure tradition de la farce.
Je réunis des personnes dont le métier est le jeu de théâtre, et d’autres qui n’ont pas cette expérience (ceux qu’on appelle des amateurs). Tous les participants seront présents pendant la durée des répétitions et chacun devra se prêter aux circulations des rôles (Le mot exact est rôle. Il est un peu ancien, mais dit juste : fonction propre à une personne dans la société.).
Pourquoi mettre en scène tous les textes de Philippe Minyana ? Il est celui par lequel j’ai pu apprendre à lire le théâtre sur la scène et dans le corps des acteurs. Chaque texte nouveau qu’il écrit me bouge dans ce que je crois avoir à faire.
Philippe Minyana
ça va | 2006
Production Théâtre Dijon Bourgogne
Mise en scène Robert Cantarella
Assistanat et dramaturgie Julien Fišera
Dispositif scénique et environnement Laurent P. Berger
Assistant à la scénographie Cyrille Berger
Lumières Laurent P. Berger et Victor Dos Santos
Costumes Laurence Forbin
La route (troisième partie de ça va):
Chef opérateur Katell Djian
Premier assistant opérateur Nicolas Duchêne
Chef opérateur du son Sophie Chiabaut
Assistants son Vincent Bréau et Olivier Burgaud
Chef monteur Nicolas Milteau
Chef monteur son Hélène Ducret
Mixage Dominique Dalmasso
Chanson Reno Isaac
Educateur canin Etienne Girardet
Avec Abyss, Christophe Bernard, Roger Cartelier, Marie-Laure Crochant, Marcial Di Fonzo Bo, Nasser Djemaï, Zacharie Dos Santos, Frédéric Fisbach, Julien Fišera, Christiane Gauthier-Lafaye, Florence Giorgetti, Etienne Girardet, Johanna Korthals Altes, Sylvie Lefebvre, Nicolas Maury, Philippe Minyana, Monique Paulus, Marianne Pietropaoli, Laetitia Spigarelli, Syp, Emilien Tessier, Yên Khê Tran Nu, Philippe Vieux, Pierre Wravresky
Avec les voix de Marie Bohner, Robert Cantarella, Roger Cartelier, Marie-Laure Crochant, Victor Dos Santos, Julien Fišera, Christiane Gauthier-Lafaye, Géraldine Grand, Florent Guyot, Anne-Marie Lebeslé, Alban Martin, Philippe Minyana, Monique Paulus, Jeanne-Marie Pietropaoli, Alain Renault, Philippe Vieux
Philippe Minyana
La maison des morts | 2006
Mise en scène Robert Cantarella
Dramaturgie Julien Fišera
Avec Catherine Feran, Catherine Hiegel, Pierre Vial, Julie Sicard, Sharokh Moshkin Ghalam
Scénographie / Décor Laurent P. Berger
Création costumes Cécile Feilchenfeldt
Création sonore Reno Isaac
Comédie Française / Théâtre du vieux colombier
Notes avant les répétitions :
Le prologue comme une bouffonnerie qui livre tous les motifs à venir : la loi, le meurtre, la famille, la pauvreté, le corps mécanique, les fantômes, la police, les doubles… L’envers du théâtre. Penser aux acteurs qui, avant de représenter la pièce officielle, la rejouent de façon burlesque, depuis sa face opposée. Ils conjurent le sort de la tragédie qui annonce sa puissance d’efficacité.
L’antichambre de la tragédie de notre temps : la maison et ses abords, les marges des espaces industriels.
Le prologue en sept mouvements, en sept blocs de situations donne le chiffre de l’écriture à venir. Le chiffre, donc tous les calculs qui constitueront la fabrique de théâtre à venir.
Lorsque le mannequin demande la reconstitution, c’est la morte même qui veut refaire l’acte. La pièce est la reconstitution d’un meurtre, ou d’une vie jusqu’à sa disparition.
Reconstituer, c’est faire du théâtre. Pour connaître l’identité des meurtriers, il faut faire du théâtre. Après le prologue, le théâtre peut commencer.
C’est l’histoire d’une chute, c’est un drame à stations. À chaque station se reconstitue la province des vies. Philippe Minyana décrit la province qu’il connaît parfaitement, comme le fond de sa mémoire, la vie loin de la capitale, en périphérie des questions fondamentales de la communauté. Là, se joue les aventures du presque rien, les copeaux de biographies. Pas assez de densité, de matérialité, seuls les artistes peuvent y trouver la raison de leurs tâches (« vies minuscules », disait Pierre Michon). Vues de biais, vies pour rien. Se souvenir de la précision des descriptions.
La chute : c’est-à-dire la lente descente vers la culpabilité. Le doux abandon au ne plus agir, au laisser faire.
La Femme à la natte ne peut plus jouer la comédie du travail. Elle essaye de se lever pour continuer à représenter son allure dans le flux des corps au travail. Elle n’y arrive pas. Le travail fait partie des hors champs de la pièce. La voix, la loi donne les formes agissantes du pouvoir et de sa mesure. La femme au milieu du cadre ne peut plus tenir debout. Elle retourne au lit.
On dit cela aux enfants : «Qu’est ce que tu fais là ? Retourne te coucher !». Elle retourne vers l’enfance qu’elle garde au lit. Elle ne joue plus le jeu de la loi, de la raison de la loi.
Se souvenir que la loi est toujours raisonnable dans sa formulation.
La reconstitution demandée au début est l’effort, la tension de toute la pièce. Il faudra reconstituer les mouvements du corps et de l’esprit qui ne sont pas cadrés officiellement. Reconstitution des précipités de l’âme et des conséquences sur le comportement.
La maison des morts, là où vivent les morts, là où ils ressemblent aux vivants qu’ils imitent au point de se prendre pour eux, de se confondre. Ils font leur vie de mort.
Traiter la farce en drame et le contraire. Prendre les images au pied de la lettre. Et surtout ajouter de la lettre, des écritures.
En même temps que l’action on voit le texte qui accompagne la situation. Comme dans les livres pour enfant qui refont la légende des images : Là où l’on apprendra que…
C’est l’entrée dans l’histoire. Faire deux fictions : le vu et le lu.
Nous réalisons un rêve de théâtre. J’ai rêvé cela : un théâtre qui se lise et se voit en même temps.
Philippe Minyana invente le roman d’une situation. C’est le montage qui donne à voir. Nous devons, pendant le travail, laisser filer la situation et refaire notre propre montage.
Vidéo
Philippe Minyana
Inventaires | 1987
Mise en scène Robert Cantarella
Assistant à la mise en scène / réalisation Dominique Bertola
Avec Judith Magre, Édith Scob, Florence Giorgetti
Scénographie / Décor Robert Cantarella, Eric Emo