Noëlle Renaude
Divertissements touristiques | 1989
Mise en scène Robert Cantarella
Avec Florence Giorgetti, Philippe Minyana, Elisabeth Vitali, Daniel Znyk
Scénographie / Décor Nordine Lahlou
Création costumes Laurence Forbin
Noëlle Renaude
Le renard du Nord | 1993
Création à Gap
Mise en scène Robert Cantarella
Avec Evelyne Istria, Florence Giorgetti, Bruno Sermone, Serge Riaboukine, Elisabeth Vitaly, Christophe Braul, Emmanuelle Monsu, Jacek Maka, Maxime Leroux.
« Les enfants naissent toussent lisent et puis ils expirent »
Noëlle Renaude
Au début à lire en regardant sens et signe. Je peux dire ce que je fais quand je lis un texte de Noëlle Renaude. L’expérience commence à cet instant, quand j’ouvre ou dévide les pages du texte. Cette fois-ci après La belle journée qui demandait à cartographier les inscriptions de pages à l’aune de leurs projections sur la scène, je regarde les feuilles, l’air de rien. L’air de rien c’est-à-dire avec le visage qui ne fixe pas tout le temps les inscriptions, je regarde vers d’autres directions, j’observe les bords, les alentours. C’est la première fois. Juste pour voir avec le reste du texte ce que je dois faire, qu’elle sera ma position, ma préhension. J’avais donné ce conseil aux lecteurs pour Ma Solange : feuilletez et prenez plaisir, une saisie du texte dans son projet, dans sa destination. Il faut enregistrer les déclenchements comme lors d’une promenade et que bifurquant à l’approche d’un vallon en raccordant ses pas au petit sentier, on se laisse imposer un raccord à priori absolument arbitraire et que rien ne justifiait avant le temps de l’ouverture du texte. Le cheminement est le futur travail de scène. Ce n’est pas la reproduction de la page, mais son allant, sa vitesse, son exécution, l’inspiration qui l’ont dessinée ainsi, qui doivent croiser celle du metteur en scène donc du lecteur.
Sauter aux yeux.
J’ai créé plusieurs textes de NR. Le renard du Nord, Divertissements touristiques, Fiction d’hiver et Une belle journée, et bientôt ceux-là, publiés dans ce livre. Je l’espère, j’en ai envie. Je vais donc décrire l’envie de travailler à partir de ces textes.
L’envie vient de l’entame d’une nouvelle lecture. Cette exigence à se mettre de nouveau à lire, non pas autrement mais à l’encontre, à rebrousse signe pour entrer en bon rythme avec le courant de l’écriture. Je précise : la page s’offre à voir et à lire. Les deux fonctions agissent ensemble, sans privilège, en fomentant une lecture biaisée de nos pentes traditionnelles.
Voir ce qui s’écrit c’est presque faire voir ce qui était écrit : travail de metteur en scène. De ce subtil et délicieux mouvement entre les deux verbes naît la saisie qui me donne envie. Celle-ci change à chaque coup. Chaque texte paginé arrive en tant que suggestion de ce mouvement à venir, comme promesse de scène. Je pense que cette promesse a souvent était assimilée au futur plaisir de la retranscription de l’écrit dans une histoire avec sa bonne interprétation. Je comprends cette envie. Ce n’est pas la mienne. Si l’écriture de NR fait théâtre de la page, c’est qu’elle ne suppose pas un type de théâtre, elle le construit sans souci d’une prévision. On peut tous les convoquer. Là est son art, là est son exemplarité dans toute l’écriture faite pour la scène d’aujourd’hui.
La scène couchée sur la page donne des idées en théâtre.
Elle résout l’opposition stupide entre le texte et l’image dès l’origine de l’écriture, elle inscrit l’espace fictionnel et l’espace relationnel (elle expose, on peut choisir). Je lis tout de ce texte-là . J’enquête sur chaque indice, je sais qu’ils seront des occasions de jeu, de disposition, d’organisation et d’énergie avec ceux qui l’interprèteront. Le texte est à droite, donc disons le à droite de la scène.
Lire m’oblige à dessiner l’air entre les parleurs. Théâtre écrit, au plus haut de son exigence de théâtre, comme seul cet art peut le résoudre, les textes de Noëlle Renaude réclament les métiers de la scène. Le public en fait partie.
Puis le sens qui se construit par la carte de la page. Je m’occupe peu du sens, mais plutôt de la dispositio ( une des composantes de la rhétorique mais aussi de la composition picturale) qui le fera apparaître au moment de la juste figure. Cela paraît peut-être abstrait ou verbeux. C’est concret, sensuel, drôle et inquiétant. On ne sait rien avant que les corps commencent leur physique de la scène.
Par exemple : la pléthore des prénoms, cette convocation d’une partie de l’humanité par leur nomination. Ne pas se demander pourquoi mais comment. Donc le faire, et voir la jubilation surgir, et puis le savoir qui en découle, et puis la plasticité du monde se composer devant nous et décidément encore une fois trouver que Noëlle Renaude est un auteur de théâtre qui exige au théâtre d’être l’art de l’écrit s’incarnant.
Noëlle Renaude
Fiction d’hiver | 1999
Création à Théâtre Ouvert (Paris)
Mise en scène Robert Cantarella
Avec Jacques Boudet, Jean-Claude Durand, Aladin Reibel, Emilien Tessier
Pour Fiction d’hiver, nous avons travaillé de la manière suivante :
Après plusieurs lectures du texte, et identifications de motifs, nous avons inscrit des schémas sur des pages de carnets, sur des post-it ou sur des écrans d’ordinateurs. Ces dessins nous accompagneront pendant le temps de répétitions, ils seront visibles pendant le temps d’exposition. Tous les moyens sont requis pour prendre des repères, des balises dans le flux du texte afin d’en faire la carte sémantique, phonique. Je disais aux acteurs : « …pas d’images, pas d’idées, je suis désolé, mais je ne peux fournir aucun imaginaire. Notre image, c’est le texte…». Nous continuions à freiner et à galoper dans la pièce écrite. Nous la disions vite, avec l’air de ne pas y tenir, puis très lentement en détaillant à l’excès. Avec joie ou parfois difficulté car notre entente était de ne pas matérialiser la moindre résolution de scène. Donc, après deux ou trois lectures différentes, nous évoquions des situations de nos vies. Chaque interprète racontait une figure de sa biographie et nous l’écoutions. Puis nous retournions à l’établi du texte, et nous rajoutions des trouvailles de liens, de passerelles entre un prélèvement et un autre. Ce lien était dessiné ou écrit. Le texte, c’est notre image. Les contours qui apparaissaient au fil des jours commençaient à prendre la forme d’un atelier de couture dont la matière serait la page, et le patron invisible. Noëlle Renaude passait aux répétitions et nous expliquait comment son écriture était faite depuis son corps. Nous étions cinq hommes à l’écouter ne donner aucun indice d’explication en ce qui concernait la version scénique, mais au contraire à nous livrer ses démarches, ses structures et ses logiques d’écritures. Cela suffit à parler et à tenter. Peu à peu la familiarité avec la construction ne nous rendait pas plus savants de la résolution à venir. Nous savions plus finement les ajustements, les rapports, les relais. Un champ d’énergie du texte se développait. Ce travail est à faire sur tous les textes, mais le génie de l’écriture de Noëlle Renaude est dans l’obligation joyeuse de s’y plier au risque de réduire toutes les dimensions de ses textes à une seule perspective. Triste point de vue qui prévoit et présume le spectateur avant sa venu. Le confort de travail était adéquat à ce temps.
A Théâtre Ouvert, dans ces conditions, les artistes que nous étions, travaillent bien. La dimension, l’accompagnement et le contrat nous reliant sont suffisamment explicites pour permettre ce temps de combustion à plusieurs. Rares sont les endroits de ce type en France. Le terme de chantier inventé par les directeurs du lieu est l’exacte définition du projet. Laisser voir la charpente, la part décisive de la construction. Elle permet de mieux apprécier l’œuvre à venir. Souvent, la forme inachevée du chantier s’avère plus pertinente que la décision aboutie et terminée. Sans doute plusieurs raisons à cela : le plaisir de l’esquisse existe aussi dans d’autres arts, le geste se devine encore en train de se déterminer, encore traversé par son désir de donner une forme non terminée, non cernée par l’intelligence à venir. Puis, le plaisir de participer au chemin de l’œuvre, à sa non destination, à sa pure dépense, au luxe de son exposition en attendant le vrai moment de sa clôture. Une forme d’extase, si l’on considère que la réalisation d’un texte, avec les données d’une création traditionnelle, l’amènera à une stabilité formelle, une stase, au cours de sa représentation finale. Si l’écriture dans Théâtre Ouvert a souvent trouvé sa formule (chimique c’est-à-dire physique, scénique, phonique), c’est que ce plaisir partagé se suffisait comme accomplissement de l’œuvre en train de se faire voir. Par conséquent la dispute sur le fait que le texte soit éteint après un chantier est vaine. On ne peut s’étonner que du fait que les autres structures de production en théâtre ne soient pas plus vives et joueuses en proposant elles aussi des suites à ces formes-là. Mieux qu’une initiation, qu’un cheminement de plaisir dans les formes de notre temps (c’est déjà bien), il y a un répertoire d’esquisses qui est l’histoire de notre théâtre. Une partie dissoute souvent non/vue (et inouï) par les relais de la domination médiatique, détermine pourtant l’invention du théâtre à la fin du XXe siècle. Donc, nous continuons, nous lisons et écoutons les histoires de chacun. Parfois je suis inquiet, je nous trouve trop décontractés et ressemblant à des acteurs qui ressassent leurs histoires de tournée. Puis ébloui en constatant que la fiction est précisément celle-là : des personnes parlant ensemble de cette façon-là, se laissant entraîner au fil de la parole. L’idée d’une parole filant sa propre autonomie, se partageant entre quatre hommes. Nous avons chacun notre texte et notons dans les marges des signes, des ponctuations. Le texte est l’horizon de chaque interprète. Cela ne me va pas. Ce texte réclame un horizon commun.
Je propose une première idée de mise en scène. Le lendemain, le texte est projeté sur un écran face aux acteurs, ils le regardent ensemble. Ils le lisent ensemble. Cette simple organisation change tout. L’espace de la page devient l’horizon de tous ceux qui sont impliqués dans le projet. Le regard vers l’écran disposé dans le dos des spectateurs devient océanique. Les quatre interprètes ne peuvent plus baisser la tête. Ils cherchent une ligne, un mot à hauteur de leurs yeux avec les autres. Cette commune vue nous donne des ailes. Les corps se meuvent en ne quittant jamais ce point de fuite. La précision que réclame l’attention portée au texte leur donne des visages de saints concentrés sur une attente, ou d’ouvriers en observation d’un résultat ou bien d’humains investis d’une responsabilité, bref ils sont reliés par une commune disposition de scène. Le texte sonne juste tout le temps de son émission tremblante. Comme un instrument qui doit s’accorder, chaque partie et chaque glissement de motif se ressentent et s’apprécient à la mesure de ces voix et de ces corps devant moi. Je leur dis, mais ils l’avaient compris avant. Nous restons étonnés de tant de simplicité. La réponse à l’imaginaire du texte peut-elle être si sommaire ? Ne voulant pas répondre, car je n’en sais rien, je propose de tenter l’aventure du texte lu à plusieurs dans un autre espace/temps. Nous allons faire un film en réalisant un aïoli chez Jean-Claude Durand. Faire un film de la pièce pour sortir du théâtre et s’enfermer dans un cadre. Le scénario du repas vient de nos échanges. Jean-Claude aime faire la cuisine, Aladin et Jacques aiment manger, quant à Emilien il est partant de toutes les tentatives, elles sont pour lui une occasion de jeu. Le texte est disposé autour d’eux et le film commence. Nous ferons un seul plan séquence.
Nous mettons deux jours pour parvenir à la réalisation du film. A chaque étape : l’évidence de l’échange par la pratique. Nous continuons et faisons un film des quatre hommes assis dans un canapé chez Jean-Claude en train de lire le texte face à eux. La sidération des quatre corps épinglés donne une autre teinte générale au texte. Nous nous en souviendrons. Les restes de répétitions sont communs. Tous les éléments doivent être conservés et faire la trace du travail : couches et pellicules. En revenant dans la salle de théâtre nous sommes chargés du temps pris pour le film et les relations sont différentes. Lorsque l’écran s’allume pour la projection du texte, je sais qu’il faut deux angles de regard. Un seul peut résoudre toutes les questions et faire croire à un horizon unique, par conséquent à une révélation possible. En disposant deux écrans dans le fond de la salle dans le dos des spectateurs, les acteurs/diseurs peuvent choisir. La relation se complexifie. Elle devient aléatoire. C’est une réponse de scène à la structure de l’auteur. Je le comprends en le faisant. Quelques accros à ce principe, comme quelques feuilles de papiers au mur, puis la projection du film réalisé dans le canapé, et la forme de notre chantier apparaît. Nous avons mis à jour les structures essentielles pour construire le projet de scène. Nous pouvons demander aux spectateurs/auditeurs de venir nous assister. Je ne sais plus si cette cartographie du temps et de l’espace à partir de ce texte est suffisante pour monter ce texte. Je sais que l’exploration avec ces acteurs, à cet instant, entre nous avait la juste mesure de la grâce. J’ai depuis beaucoup construit autour de cette appréhension d’un texte. Ce travail est devenu matrice. La projection des textes dès le début du travail sur Le Chemin de Damas et sur les projets suivants a totalement inspiré les formes de mise en scène. Mais surtout la conviction d’être à la recherche du chiffre d’un texte à plusieurs n’a jamais été aussi précise et précieuse que lors de cette expérience. Bien entendu le texte de Noëlle Renaude en est le ferment.
Robert Cantarella
Noëlle Renaude
Une belle journée | 2005
Mise en scène Robert Cantarella
Assistant à la mise en scène Julien Fišera
Scénographie Laurent P. Berger
Stagiaires à la mise en scène Renaud Diligent, Camille Louis
Lumières Laurent P. Berger, Victor Dos Santos
Avec Laure Mathis, Nicolas Maury, Aline Reviriaud, Grégoire Tachnakian
Robert Cantarella choisi de monter cette pièce de Noëlle Renaude en deuxième partie de la Pièce de Molière La Jalousie du Barbouillé. Ce travail d’abord présenté à Dijon fera l’objet d’une tournée en Région Bourgogne.
La Jalousie du Barbouillé (Molière) et Une Belle Journée (Noëlle renaude)
Janvier 2005
Faire ou ne pas faire une troupe de permanents. Pour poursuivre le travail initié par l’Unité de Production, nous décidons d’engager cinq acteurs, avec lesquels nous allons constituer un apprentissage commun de textes de théâtre, qui traceront un chemin de connaissance de l’art dramatique. Notre corpus est totalement subjectif, fait de sauts, de traverses et il répond à plusieurs contraintes. Les travaux doivent être réalisés avec peu de moyens techniques, nous choisirons des textes anciens et modernes, et la distribution devra employer les cinq acteurs. Je commence avec La Jalousie du Barbouillé de Molière et Une Belle Journée de Noëlle Renaude. Toujours mon obsession de faire des rapports (En avoir ou en faire ? Les deux, répond Godard.), en espérant que l’espace entre les sujets fabrique du désir, donc du savoir.
Le texte de la farce de Molière est sombre, terrible, tranchant comme toutes les formes burlesques abouties. Je suis stupéfait de la permanence de la mort à tous les niveaux du texte. Mort des sentiments, des intérêts, des désirs, et aussi mort feinte, contrefaite pour piéger. Le désir fini, la mort organise le reste du temps des vivants. Les autres dans la salle en rient.
Le texte de Noëlle Renaude est la face inverse. Patrice Chéreau a dit d’elle qu’elle était « le seul écrivain de comédie de notre temps ». C’est juste, dans la mesure où elle suit à la trace l’espace ouvert par Feydeau, tout en ne l’imitant en rien. Elle invente sa propre graphie théâtrale. Cette invention demande aux interprètes de chercher d’autres façons de faire. Il en est de même avec toutes les écritures sans histoire de la représentation. Comment savoir jouer ces pièces dont la plupart des relais ou des décideurs financiers disent que « ce n’est pas du théâtre » ? Pourtant, elle dit (comme Minyana, comme Lagarce avant sa mort, avant que l’on découvre l’urgence de mettre en scène son travail), qu’elle écrit pour le théâtre. Ils livrent un texte écrit pour que la scène lui rende une présentation pour un public. L’écrivain de livres non destinés au théâtre peut attendre, peut imaginer que la combustion lente de la lecture à venir transformera le temps entre la création et la réception en une durée variable, non formatée, fuyante. Le public est le lecteur, il décide d’ouvrir le livre seul et le refermera sans autre manifestation extérieure qu’un enregistrement secret et intime de ce qui est passé. L’écrivain de théâtre espère à la fois la lecture à voix intérieure et l’écoute en communauté du public à venir (Si nous appelions le public de théâtre un lecteur ? Il l’est, il lit la représentation.).
L’épreuve du passage à l’acte est une responsabilité complexe. Peu de créations et de productions institutionnelles travaillent l’écriture nouvelle, sans références ou antécédents. Metteurs en scène, directeurs de salles, producteurs et critiques sont embarrassés. Si les textes ne se reconnaissent pas immédiatement dans une prévision faite de connaissances relatives suivant la culture du lecteur, ils sont ignorés. L’enjeu sera d’inventer une autre grammaire de scène pour tous les participants du projet, y compris pour le lecteur, pour son plaisir. Cela effraie les circuits de la production (production des signes et des emplois) et laisse le critique sans voix ou sans comparaison.
Les deux textes choisis pour entamer le travail avec le groupe d’acteurs permanents, sont présentés ensemble et joués dans des conditions de tournées traditionnelles en région. Classe d’école, grange, petite salle des fêtes, grand appartement, gymnase, tout est bon pour se faire voir à ceux qui ne fréquentent pas le théâtre. C’est un travail simplement euphorisant, épuisant et interminable. La pièce de Noëlle Renaude intéresse beaucoup plus que le texte de Molière. Le repas qui suit les représentations est une agora régulière sur l’état du regard, du respect du regard, entre ce que l’on prévoit et ce que l’on voit.
Robert Cantarella
Noëlle Renaude
La petite Maison | 2012
Mise en scène Robert Cantarella
Dramaturgie Julie Sermon
Avec Michel Corvin, Jefferson Desmoulains, Jean-Paul Dias, Cécile Fišera, Florence Giorgetti, Julien Lacroix, Yves Le Stunff, Noëlle Renaude, Laetitia Spigarelli, Émilien Tessier
Création sonore Reno Isaac
La Petite Maison a été créé le 13 mars 2012 à la Scène nationale d’Evreux-Louviers.
Hugues, Jo, Gilles et Walter aiment bien la petite maison de leur ami Ralph, ils aiment bien par exemple y passer des Noëls aux bûches, les pieds au feu, mais un jour Ralph sans prévenir vend la petite maison et part en Norvège, ou en Suède. Alors quand Hugues Jo, Gilles et Walter sonnent de nouveau à la grille de la maison de leur ami Ralph, Brutus aboie et Lili ouvre la porte. Lili dit qu’elle vient d’acheter la petite maison de Ralph. Lili a mis des poissons dans le bassin mais les hérons viennent manger les poissons, c’est ce qu’elle confie un peu plus tard à son amie Rosette, venue lui rendre visite. Hugues, Jo, Gilles et Walter se retrouvent tour à tour en train de sonner à la grille de la petite maison de Lili. Ils y croisent Rosette et puis la voisine Luce et sa chienne Berthe qui grogne dès que Brutus aboie, et puis un peu plus tard Jeanne qui ouvre la porte quand Lili n’est pas là. Hugues, Jo, Gilles et Walter aiment tellement cette petite maison, il y tournent sans arrêt autour de cette petite maison, à moins que ce ne soit autour de Lili, ou de Luce, ou de Rosette, ou de Jeanne, et Brutus continue à aboyer et Berthe à grogner dès qu’on sonne et les hérons à manger les poissons du bassin et Lili à racheter des poissons et Rosette à guetter les hérons. Lili qui n’est pas indifférente à l’un d’entre eux, dit alors à Jo, ou à Gilles, ou à Hugues ou a Walter que Ralph a laissé des affaires dans la cave de la maison. Hugues, Jo, Gilles et Walter sautent sur l’occasion et s’emploient comme un seul homme à envisager de débarrasser les affaires laissées là par leur ami Ralph tout en se méfiant des uns et des autres et de l’intérêt que chacun porte à Lili, ou à Rosette ou à Luce ou à Jeanne, qui de leur côté ne sont pas indifférentes aux quatre amis de Ralph mais pas forcément dans le bon ordre. Or Ralph un beau matin est rentré de Norvège. Le voilà chez Lili, il y est venu voir son ami Karl, car dans la petite maison de Lili, les quatre amis ont découvert que vit aussi un certain Karl. Cependant la présence inquiétante de Karl dans la petite maison de Lili et de Jeanne fait que Hugues qui se méfie de Jo, que Jo qui épie Walter, que Walter qui en veut à Gilles, que Gilles qui reste lui plutôt en dehors du coup refont bloc pour faire à nouveau à quatre le siège de la petite maison ou le siège de Lili, de Luce, de Rosette et de Jeanne, alors que Ralph annonce qu’il repart, en Italie cette fois ou ailleurs, et que Lili décide tout d’un coup de fêter son anniversaire…
la petite maison from Robert Cantarella on Vimeo.